Aaron / Harold Cohen

mai 17, 2009

[[MAJ : 27/01/2010]] 

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 Quand faire faire des dessins, c’est faire de l’art 

 Harold Cohen est peintre depuis 1948. En 1968, il décide que les pinceaux, c’est bien – les robots, c’est mieux. Il troque alors sa blouse tachée contre un ordinateur et se lance dans la programmation. Son but ? Réaliser un robot qui dessine[1]. Cela l’amène à se poser force questions et à adopter une attitude humble, questionnant les principes anthropologiques et fondamentaux du dessin, de l’image, des couleurs, de l’art et de la créativité. 

Harold Cohen est aussi chercheur au CRCA de l’université de San Diégo (Californie), et a eu à cœur de nous tenir informés de l’avancée de son œuvre par le biais d’une dizaine d’articles depuis 35 ans[2]

Ce projet d’une vie a connu, si l’on suit McCorduck[3], quatre phases : entre 1973 et 1978, les balbutiements ; entre 1979 et 1984, l’apport d’un sens primitif de la perspective ; entre 1985 et 1988, la figuration ; depuis 1989, l’ajout d’effets 3D et le travail sur les visages humains. 

Nous allons suivre les premiers pas de son entreprise[4].  

Portrait d’Aaron en projet technologique : Quels sont les principes a priori d’Aaron ?

Ce projet à la lisière de l’art et de l’informatique est baptisé « Aaron ». Le but pour Cohen, est de réaliser une machine capable de faire des dessins. 

La première série d’interrogations est d’ordre théorique et abstrait. Cohen partira des présupposés suivants : 

*  la base du dessin est le trait et le trait est ce qui relie deux points entre eux (pas forcément en ligne droite). 

*  Les schèmes qui sous-tendent toute appréhension d’un dessin sont au nombre de trois : 

  • Capacité de distinguer une figure de l’arrière plan
  • Capacité de distinguer des formes ouvertes des fermées
  • Capacité de distinguer l’intérieur de l’extérieur

* Quelques para-motifs sont souvent employés : 

  • L’ombrage
  • La répétition d’éléments
  • La division

Partant de ces grandes lignes, l’artiste commence à créer un programme informatique qui devra faire mouvoir une machine capable de dessiner selon cette logique. Les premiers résultats sont suffisamment encourageants pour qu’il y travaille encore… 

Le cerveau d’Aaron intègre donc cette logique structurelle que Cohen reconnaît lui-même comme n’étant pas forcément naturelle. Ce premier niveau conceptuel, appelé protocole, ou épi-forme, va s’imposer comme étant le monde, l’umwelt d’Aaron[5]. Dans ce cadre, ce dernier devra réaliser des actions : prendre position sur la feuille, poser le crayon, se mouvoir dans telle ou telle direction, lever le crayon, se repositionner – etc – enfin, estimer que son dessin est achevé. D’autres choix structurels sont faits : 

* Aaron ne dispose d’aucune donnée, répertoire, catalogue d’objets lorsqu’il part en goguette. 

* Aaron ne dispose d’aucune mémoire cumulative : quand son dessin sera fini, il n’en aura gardé aucune trace. 

*  Aaron n’agit sur aucune donnée entrante (input). 

*  Aaron garde en mémoire ce qu’il a fait pour décider de ce qu’il va faire. 

Cela implique qu’Aaron : 

-   N’a à sa disposition que des règles pré-établies pour décider de ce qu’il dessine 

-  N’a aucune idée de ce qu’il va dessiner 

-  N’a même aucune idée de ce à quoi le trait qu’il est en train de dessiner va ressembler 

-  Connaît l’étendue de son espace alloué et la place qu’il y occupe 

-  Reconstruit en permanence la vision qu’il se fait de ce qu’il dessine. 

En aucun cas, il ne regarde ni ne voit les coups de crayon sur la toile. Il agit bien en peintre, mais un peintre aveugle, construisant dans sa tête ce qu’il croit poser sur la toile. Les gens capables de disputer une partie d’échecs en aveugles réalisent une performance approchante. 

Le corps d’Aaron est variable. Il peut s’agir d’une table traçante, mobile sur la surface de la toile – et qui donc sait en permanence ou elle se trouve – ou bien, plus spectaculaire, un petit robot-voiture (baptisé ‘tortue’) qui se déplace à l’aide de sonar afin de calculer sa position sur la toile sur laquelle il roule. 

Portrait d’Aaron en programme numérique : Quelles sont les règles de fonctionnement d’Aaron ?

Ceci posé, intéressons-nous à présent à l’algorithmique qu’il y a derrière. 

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D’après nous, il y a en fait deux niveaux de représentation algorithmique : un schéma conceptuel et une explicitation des règles. 

Algorithme conceptuel

Nous avons retravailler l’algorithme proposé par le créateur et tenter de l’expliquer.[6] 

Au commencement la page est blanche. 

 aaron_algo 

Le programme « ŒUVRE » commence. Toutes ces variables initiales sont à zéro (il sait donc que la page est blanche). Il faut poser le premier coup de crayon. 

Le programme « TOPOGRAPHIE » assigne une zone à couvrir : le robot s’y déplace, crayon levé. 

Le programme « FIGURATION » va entamer le dessin d’un motif. 

Qu’est-ce qu’un motif ? Le motif est fait de traits. 

Un programme « TRAIT » lance la construction d’un trait de dessin. 

Qu’est-ce qu’un trait de dessin ? C’est un point initial A et un point final B[7]

Combien y a t-il de façon de joindre un point A à un point B ? Une infinité d’étapes curvilignes, de secteurs à parcourir. 

Le programme « SECTEUR » créé à un point initial An un point final An+1 

Comment fait on pour parcourir ce chemin/secteur ? Il faut avancer vers lui pas à pas, d’une traite, en ligne droite. 

Le programme « DROITE » fait avancer le robot, mine baissée d’un mouvement unitaire, atomique pourrait-on dire[8]

Le robot est donc le touriste en goguette. Pas celui, pressé, qui a optimisé son parcours pour ne rien rater des merveilles labellisées de telle ou telle région. Non, le dilettante des origines (Stendhal errant en Italie), qui arrive à Rome, sait qu’il repartira de Naples – d’ici quelques temps – et ne s’est fixé aucune obligation dans l’entre-deux. 

Voyez le randonneur avec une semaine de vacances pour s’adonner à son péché mignon. Son périple (TRAIT) fixé (A->B), il se choisit un premier point de chute A1. Pour s’y rendre, il s’engage dans une première pérégrination (SECTEUR reliant A à A1). Et il s’y rend à pied, ne s’interdisant nulle incartade et mouvement de traverse (DROITE) pour découvrir telle beauté naturelle sur sa route. Comme il est un peu éméché, ses pas mêmes peuvent être variables (cf : note précédente sur ce qu’est une ‘droite’ pour Aaron). 

Comme il est chevronné, il regarde où il met les pieds pour ne pas tomber dans un trou[9]. Et ce, avant chaque pas. S’il n’y a pas de danger, alors son corps fait un pas en avant. S’il arrive devant un gouffre, alors il changera d’idée, se disant qu’il ferait mieux d’essayer tel autre SECTEUR pour terminer son périple ; ou bien carrément de changer de sentier montagnard (TRAIT), tout en restant dans les Pyrénées parce que c’est un coin charmant ; ou bien encore, s’il se rend compte qu’il a déjà parcouru tous les sentiers des Pyrénées, de délaisser cette chaîne pour celle plus intéressante des Alpes. Son Guide du Routard des Pyrénées de poche fait office du programme FIGURATION, étant entendu qu’il ne l’a pas lu avant de partir, mais s’y réfère à chaque trouble ou fin d’étape pour voir où il pourrait se rendre en suivant. Le site web du Guide du Routard, auquel il pourra se référer pour définitivement changer de région et se faire envoyer en express un guide d’une autre région du monde, est le lieu où s’implémente le programme TOPOGRAPHIE. 

Si son terrain de jeu était l’Europe continentale; au bout d’un certain temps, il pourrait estimer avoir suffisamment parcouru tous ces paysages, avoir bien mérité de retourner travailler, et donc en quelque sorte avoir parachever son « ŒUVRE ». 

Comment a t il fait pour se souvenir de tout? Il a tout noté dans un journal de bord précisant tous les pas qu’il a fait et les lieux où il s’est rendu. Perecien, une fois l’œuvre achevée, il jette son calepin à la poubelle, et repartira vierge de toute connaissance, une prochaine fois. 

Dans notre cas pictural, bien sûr, rien n’existe. Pas plus les chaînes de montagne que les sentiers qui y serpentent. C’est la fonction du programme concernée que de créer ex-nihilo, plus ou moins aléatoirement, et les unes après les autres, sans plan initial, ces entités. 

Algorithmes fonctionnels

Aaron est à la fois : 

+  Intégré dans une logique (protocole) 

+  Collé aux règles qu’il se doit d’employer (fonctions d’un programme) 

+ Libre d’agir comme il l’entend 

+ Dédié à réaliser des œuvres qui ne soient pas des gribouillis (scribble

Il faut donc lui implémenter des règles de transition les plus riches et sensées possibles. Un type exemplaire sera plus éclairant. Cohen doit programmer quelque chose comme[10] : 

Si :       {c’est le premier ‘trait’ 

            ET : que le motif précédent était une forme ‘ouverte’ 

            ET : que ‘n’ motifs ont déjà été dessinés 

            ET : qu’il reste ‘q’ emplacements sur la toile} 

Alors   {ce motif sera ‘fermé’ 

            ET : la valeur ‘taille’ vaut ‘random(1)’ 

            ET : la valeur ’nombre_de_répétitions’ vaut ‘random(1)’ 

            ET :     dans a% des cas, faire A 

                        dans b% des cas, faire B 

                        dans c% des cas, faire C} 

Sinon   {‘diviser’ le motif selon les spécifications (x,y,z,t) 

            OU : ‘ombrer’ le motif selon les spécifications (x,y,z,t) 

            OU : ‘ajouter’ un motif ouvert attenant selon les spécifications (x,y,z,t)} 

Les pourcentages des actions postérieures dépendant eux-mêmes des actions antérieures… 

Cet exemple, très simple, permet d’appréhender comment Aaron peut être à la fois, libre et imprévisible (aléatoire, pourcentage), endigué par des règles (fonctions et transitions) et créateur de formes honnêtes[11] (choix des valeurs des paramètres) – dans une école artistique reconnaissable (protocole : ie structure même du programme, enchaînement des actions). 

La construction d’un monde

Aaron ne sait pas à l’avance ce qu’il va faire, mais il agit instantanément selon ce qu’il a déjà fait. Plus exactement, selon ce qu’il a déjà construit. C’est-à-dire qu’il ne garde pas en mémoire l’ensemble des points qui ont été maculés par son stylo – mais quel motif a ainsi été constitué car c’est le motif qui fait le dessin et donc l’œuvre. Pour compliquer le tout, ces motifs sont changeants. Telle ligne courbe prévue pour être ouverte, peut très bien s’intégrer dans un plus grand motif, dessin, et donc dessein. 

Aaron est donc en permanence en train de construire, déconstruire et reconstruire son Monde, tandis qu’il agit sur le nôtre (duquel il n’a pas une connaissance directe). Pour ce faire, il voit la toile comme une matrice de pixels et associe une valeur à chaque pixel/cellule. Par exemple ‘1’ pour noir – ‘0’ pour blanc’. Vue la complexité, cette approche doit s’affiner, c’est-à-dire j’en ai peur : se complexifier. 

En fait chaque cellule est le lieu d’un ‘événement’. Un événement est représenté sous forme numérique par une série de bits. Il doit prendre en compte : si la cellule est crayonnée ou pas, si elle est utilisable ou pas (une cellule vierge enfermée dans un rond est une cellule ‘utilisée’ par le motif même qui la comprend), si elle est dans une forme fermée ou pas, si elle fait frontière, si elle est reliée à une autre cellule, si elle appartient à différents motifs, enfin à quel motif elle appartient. Une cellule pointe donc vers un événement, ie une suite de bits (codés en binaire donc) quelque part dans le disque dur qui pourrait ressembler à : 

arron1pk 

OU : 

arron2pk 

 Le lecteur attentif aura remarqué, et c’est là que nous voulions en venir, à quel point cette approche par pointeur est une approche constitutif du langage de programmation C… 

Cette série d’événements constitue la représentation interne qu’Aaron se fait du monde qui l’entoure : son innenwelt. Il est particulièrement intéressant de noter que cela se fait sans interaction aucune avec l’extérieur, et que se bâtit ainsi un innenwelt en parfaite indépendance de tout umwelt (chez Aaron, ce denier se cantonne aux limites spatiales dans lesquelles il peut dessiner) 

Portrait d’Aaron en pseudo-artiste : quels sont les ressorts de la créativité d’Aaron ?

Harold Cohen évoque plusieurs aspects problématiques qui sont apparus avec son travail. L’impact de la construction cognitive dans l’appréhension visuelle d’une image ; la construction de la connaissance ; la représentation ; le « être-illustratif-de » (standing-for-ness) d’un motif ; etc. Il nous semble que la question essentielle reste : Aaron est-il un artiste ? Et pour tenter de l’éclairer, nous allons progressivement allumer les projecteurs qui tiennent, pour une grande part, cette question sous leur faisceau… 

La personnalité stylistique d’Aaron.

En quoi Aaron a-t-il un style ? 

Très vite, Cohen s’aperçoit d’un paradoxe : il a tenté de mettre en place une machine à dessiner neutre ; et : 

*  Il y a un véritable air de famille de dessins générés 

* On lui renvoie parfois même qu’on reconnaît, dans les dessins d’Aaron, la main (le style pictural) de son créateur[12] 

Les productions d’Aaron sont reconnaissables. A quoi cela tient-il ? 

D’abord, sur les présupposés intellectuels de base de Cohen, qui s’arc-boutent sur ces 3 axes : ouvert/fermé ; intérieur/extérieur ; figure/fonds. Donc dans le protocole. Cohen juge ses principes primitifs comme « intuitifs et arbitraires »[13]

Ensuite sur les règles de construction du dessin : notamment le fait de ne pas traverser un trait par un autre trait. 

Troisièmement sur ses capacités picturales, ce qu’il sait faire. Donc sur ses fonctions (la fonction « tirer un trait perpendiculaire », « ombrer » ; etc). 

Enfin, sur les pourcentages et les valeurs des paramètres. 

Tout cela mis bout à bout fait qu’Aaron dessine avec un style bien particulier, très influencé par celui de son créateur. Un robot pourrait il générer des Matthieu, des Twombly, ou des Mondrian ? Ca ne semble pas impossible en changeant les paramètres du programme. Par exemple : « nombre de traits entre 1 et 3 ; autorisation de traverser une ligne déjà dessinée ; surface à couvrir entre 15 et 50% ; pourcentage de rupture de pente au bout de telle distance : 90% » devrait donner un Twombly. 

Pour un Mondrian, le programme est simplement inadapté. Simplement parce que Mondrian ne raisonne pas avec ces notions de figures et d’intérieurs. Aaron ne peut a priori pas produire de tableau « à la Mondrian » ; il faudrait lui créer un petit frère : Aaron-Mondrian. 

Mais toute une dimension reste encore ignorer : le « faire », autrement dit « le geste ». 

Aaron fait montre d’un geste pictural. Neutre. Quand le stylo est en position abaissée, le bras moteur ou le robot se place pour former le trait jusqu’à sa conclusion. Dans le cas de la tortue, Cohen a peaufiné en autorisant une vitesse de déplacement variable : le bras dessinateur va moins vite quand il est au niveau de zones de transition ou terminales. 

Il y a, à notre sens, deux paramètres non utilisés chez Aaron qui font le geste du dessinateur : 1/ vitesse de déplacement de son bras armé ; 2/ la position du stylo (cette dernière se résumant à « position haute » ou « position basse » ici). Bien sûr, l’outil de dessin choisi (stylo, stylet, plume, etc) autoriserait encore une variété des styles de dessin. 

La personnalité artistique d’Aaron est innée. Elle a conditionné la structure du programme. 

Le dessein (purpose)

Comment s’élabore le dessein d’Aaron ? 

Quand un homme veut coucher une vison sur une toile, il a a priori deux méthodes à disposition : il peint ce qu’il voit (devant lui ou dans sa tête) ou bien il peint ce qu’il voit qu’il est en train de peindre. Il peint ce qu’il a dans la tête dans un projet pré-concu ; il gribouille sur un bout de papier, distingue dans ses premiers éléments l’amorce de quelque chose auquel il va tenter de donner corps par la suite. La plupart du temps, à un moment de son travail, il va prendre du recul , regarder le résultat et effacer tel contour ou en déduire qu’il manque à tel ou tel endroit un élément, un trait,une couleur – et alors poursuivre. 

Aaron ne raisonne pas comme cela. A plus d’un titre. 

Aaron ne commence jamais avec une idée pré-concue de ce qu’il veut dessiner ; Aaron n’a jamais, à un quelconque moment de son travail, une idée sur ce qu’il veut faire de son tableau ; Aaron ne revient jamais sur ce qu’il a fait (effaçage). 

Il est finalement à la lisière des deux approches humaines. Il n’a pas de schéma d’ensemble préconçu pas plus qu’il ne se laisse inspirer par ses premiers balbutiements. Il a une approche divisionniste conditionnelle. Il choisit quel emplacement il va travailler, il choisit quel type de forme il va y placer, il choisit quels sont les points de départ et d’arrivée de son premier trait pour construire la forme, il construit sa forme trait par trait ; passe à une autre forme du même emplacement qui peut l’amener soit à modifier la surface initialement allouée ou modifier un motif déjà mis en place. 

Son propos est comme dilué à chaque niveau hiérarchique et à chaque transition de fonctions. La machine a un but, mais connaissable a posteriori. Elle n’a pas vraiment de dessein holistique mais des mini-actions finalisées à chaque étape de son travail. On peut expliquer ce qu’elle fait et ce qu’elle a fait ; mais non prévoir ce qu’elle va faire. Elle est surprenante sans être médusante. Elle agit de façon compréhensible et responsable sans être prédictible[14]

Cette qualité est due à trois modalités dans ses prises de décision : 

1/ La sériation de son labeur : « je fais les formes une par une sans me demander ce que je ferai après » 

2/ La spécialisation de ces opérateurs : « je me contente de donner telle information. Pour connaître la suite, voyez ma collègue » (et plus exactement : « voyez ma sbire ») 

3/ La détermination de ses opérations (entre aléatoire et assignement) : « j’agis comme cela, plus ou moins » 

Le dessein d’Aaron est terré dans sa structure. Il émerge. Inconsciemment ? 

Le libre arbitre

Où se joue le libre-arbitre d’Aaron ? 

On peut définir le libre arbitre d’Aaron de la manière suivante : 

C’est la capacité de chaque opération d’être menée selon un paramétrage préprogrammée dépendant des conditions initiales et antérieures. 

Aaron n’est pas libre de faire n’importe quoi : 

Il est cantonné à une aire (l’espace de la feuille), comme tout artiste. Il ne sait faire que certaines opérations (sa « personnalité stylistique » du à son protocole et à la structure de son programme. Si personne ne lui a appris à « colorier en noir », il ne pourra le faire). Son libre arbitre est dans l’actualisation de ses règles, dans la mise en place concrète de ces éléments structurels. Aaron a virtuellement une infinité de dessin accouchables (dans la limite des règles et paramètres qui font son programme) ; et son ‘libre arbitre’ s’exprime lorsqu’il n’en actualise, n’en dessine que l’un d’entre eux. 

Comme son dessein, son libre arbitre est éparpillé à chacune de ces opérations. On parlera plus volontiers du libre arbitre d’une opération en spécifiant ce qui nous semble les 3 grandes classes d’opérations : les transitions, les décisions et les fonctions. Les transitions posent les conditions pour passer à l’étape suivante. Elles ont pour objet l’état actuel du dessin et les éléments précédents déjà mis en place. Les décisions sont le moment où les paramètres finaux de l’opération en cours sont fixés dans un cadre préprogrammé. C’est à ce moment-là que le programme sait ce qu’il va faire dans son action en cours – sans savoir comment il va le faire – et se fixe des paramètres structurels à respecter pour y arriver. Les fonctions sont les programmes avec une mission très claire. Ce sont les plus petits éléments de programmation : faire un trait, ombrer, etc. Comme on l’a vu avec l’algorithme conceptuel – elles possèdent elles-mêmes une dose de latitude et d’expression dans les cadres pré-fixés. 

En effet, si on repend notre exemple d’algorithme fonctionnel, on voit que structurellement, cela revient à quelque chose de la forme : SI {Les conditions de la Transition sont réunies} ALORS {Décider pour la prochaine étape de telles valeurs aléa-assignées ET lancer l’action de la Fonction}. 

Nous reprendrons donc à notre compte l’analyse d’Abraham Moles : «  la liberté est l’excès du nombre de paramètres (éléments) sur le nombre de relations (règles) qui servent à détermine rle système.[15] » 

Le libre arbitre d’Aaron est réparti et partagé dans les éléments fonctionnels de la structure. Ce libre arbitre s’exprimant dans un cadre borné, qui fait que les mouvements d’Aaron seront à la fois imprévus et pronosticables. 

Le savoir-faire

Peut-on créer sans mémoire ? 

Le rapport d’Aaron à sa mémoire est extrêmement fin. Il ne se souvient pas de ces actes, il stocke les événements qui ont lieu à chaque point de la surface qu’il créée. Il ressemble à ces amnésiques qui, soucieux de mener une vie pas trop chaotique, collent des post-it sur tous les éléments de leur environnement pour savoir comment se comporter quand ils y font face. Aaron transforme une mémoire expérientielle en une mémoire topologique. Il ne sait plus ce qu’il a fait, mais il a une connaissance parfaite de son résultat. Il sait retrouver des états sans connaître leurs histoires. On pourrait dire aussi qu’il redécouvre a tout moment l’état d’un territoire et qu’il y réagit à partir des règles qu’il s’est imposé. Dès lors, apparaissent trois formes de mémoire : 

  • Une mémoire réglementaire : qui est le programme codé, qui donne à Aaron ses règles à suivre. Elles constituent la forme même de son mode-d’être et d’actions. Elles sont les principes a priori de son action.
  • Une mémoire topologique, qui est stocké dans des limbes, et ne resurgit que lorsque le lieu exact se rencontre. Elle dessine l’innenwelt d’Aaron tout en lui maintenant caché sa figure générale, et ne lui laissant apparaître que ce dont il a besoin à chaque instant. Certes la carte existe, mais l’œil d’Aaron ne peut prendre la hauteur nécessaire pour l’apercevoir jamais. Il n’est pas amnésique mais sa myopie aigue lui rend sa mémoire presque entièrement enfouie
  • Une mémoire bibliothéconomique, totalement absente chez Aaron, c’est-à-dire une mémoire-dictionnaire, offrant une ressource où puiser. Non seulement Aaron est autonome (il construit son innenwelt sans faire appel à la vision d’un quelconque umwelt), mais il est vierge de toute connaissance construite. Delacroix voyait la nature comme un dictionnaire de formes pour l’artiste – Aaron n’en a cure. Ce qui implique, en corollaire, qu’il n’apprend pas non plus à partir de son expérience.

Aaron expérimente ainsi le degré zéro de la création : celle qui advient à l’individu vierge de tout, sauf d’être un individu. Le fait d’être individu implique ce système de règles intériorisées, de principes d’action – mais là s’arrête la composante mémorielle. Ce n’est pas même de la mémoire, c’est de l’inné – du génétique pourrait-on dire. Sa myopie et son amnésie assurent, par la suite, sa virginité pérenne. 

La mémoire d’Aaron est limitée à des schèmes innés et a priori de création. 

Si la création se construit principalement sur l’imagination, et si l’imagination, c’est de la mémoire, alors comment une machine qui oublie à chaque instant, les formes qu’elle vient de créer 

Les langages

  

L’individu

Qu’est-ce qu’Aaron ? 

A en croire Cohen, Aaron, c’est le programme : « Aaron est un programme basé sur la connaissance, dans lequel la connaissance relative à la fabrication d’images est représentée sous la forme de règles »[16]. Cependant il est difficile de lui nier toute matérialité. Ainsi, son corps a t-il fait connaître ses prérogatives en tombant en panne en 1977 lors de la Dokumenta de Kassel : Aaron était alors une machine unique que personne ne pouvait réparer et qui dès lors était à assurer comme l’oeuvre même[17]. En 1979, Cohen abandonne le corps de tortue pour des machines plus standards, semblant signifier que si le corps qui exécute le programme est important, il n’est pas figé. En 1988, trois performances simultanées avec 3 robots différents ont leu le même jour dans différentes galeries américaines. Chaque performance est unique et autonome, les résultats sont chaque fois différents. 

La place du corps d’Aaron varie donc avec les époques. Si Aaron n’est qu’un programme, alors pourquoi assurer la machine exécutante ? S’il n’est pas qu’un programme, comment concevoir qu’il se puisse ainsi disséminer dans différents corps ? En 1988, y’avait-il trois Aaron différents ? Y’avait-il alors trois œuvres de Cohen différentes ? Si Aaron n’a pas de corps comment expliquer qu’en 1979, en abandonnant le véhicule de la tortue, les lignes de code ont dû être modifiés pour s’adapter à la nouvelle machine exécutante ? 

De même que le code est dépendant du langage de programmation[18], le code dans le cas d’un appareil technologique comme ici, est dépendant de son véhicule. De même que la vieille dichotomie corps/âme ne résout aucune tension existentielle sur ce qu’est un individu, la séparation programme/véhicule échoue quand elle se présente. L’un n’est rien sans l’autre. Les trois Aarons de 1988 ne sont que trois versions d’une même œuvre, comme les enlèvements sur l’île de Cythère (Watteau) de Paris ou de New York sont deux versions d’une même œuvre. En art technologique, nous pouvons proposer qu’une version n’a pas qu’une exemplaire identique mais qu’elle est un exemplaire unique, adapté à son environnement. Ainsi, les trois machines-Aaron sont des copies si elles sont indifférentes (c’est-à-dire si celles de San Francisco peut prendre la place de celle de Miami) – elles seront des versions si elles ne le sont pas. C’est le paramétrage d’Aaron qui le permet. De même qu’une installation in situ est de « dimensions variables », s’adapte à son lieu d’exposition ; la machine-Aaron doit pouvoir peindre différentes tailles de toile et s’adapter à son lieu d’accueil. 

Aaron, c’est l’appareil-technologique qui fait œuvre quand il réalise sa raison d’être. 

Le produit

Où est l’oeuvre d’art ? 

Ou plutôt, si l’oeuvre de Cohen est dans la performance d’Aaron, que sont les résultats de sa performance ? Les dessins d’Aaron sont-ils des oeuvres d’art ? – Ne sont-ils pas exposés dans des musées ? Ne sont-ils pas le fruit d’un individu doué d’un style, d’un dessein, d’un libre arbitre et d’une créativité ? N’appartiennent-ils pas à un genre universellement reconnu d’art (peinture) ? N’ont-ils pas des qualités techniques et picturales évidentes ? Ne peut-on les recevoir selon le mode de l’appréciation esthétique ? 

Pour toutes ces raisons, ils pourraient aisément prétendre à ce statut. Mais en tant qu’ils ne sont pas gratuits, ils pèchent à conquérir cet état. La destination des produits d’Aaron n’est pas la réalisation d’œuvre d’art. Aaron ne créé pas intentionnellement des œuvres d’art. les produits d’AARon sont là pour prouver qu’une machine d’art est capable de réaliser des créations picturales valides. Elles sont les preuves que le projet artistique de Cohen tient la route. Elles ne sont que la trace que l’œuvre a eu lieu. En ce sens, elles sont beaucoup plus proches des commentaires paratextuels d’une œuvre. Elles appartiennent à tout ce corpus critiques qui vient éclairer l’oeuvre. 

On peut proposer deux raisons qui font qua Si Cohen fait une œuvre, Aaron fait une besogne : 

1/ Le résultat d’Aaron n’a aucun « à-propos ». Nous renvoyons bien sûr par là à la thèse centrale développé par Danto de l’aboutness de l’art : une œuvre est toujours à-propos d’autre chose. Ce qu’Aaron pourrait montrer s’il pouvait être capable de faire un dessin « à propos de la guerre » ou « à propos du destin ». 

2/ Le résultat d’Aaron n’est qu’un « produit dérivé ». Sa source (l’anfang heideggerien) est d’abord une œuvre. L’oeuvre d’une œuvre n’est qu’une œuvre au second degré, de « seconde zone ».. L’aura qui est associée à l’originelle ne diffuse pas sur ses émanations. La présence de l’une annihile toute possibilité de l’existence de l’autre. Tant que « l’oeuvre première » sera bel et bien Aaron, ses productions ne pourront faire œuvre. 

Les toiles d’Aaron sont les traces (ou les indices) de l’oeuvre de Cohen. 

Nous le disons bien : les produits d’Aaron ne sont pas des oeuvres non pas parce que un appareil technologique serait par défaut incapable de créer des œuvres 

La créativité

Peut-on produire des oeuvres sans être créatif[19] ? 

En 1999[20], suite au projet Aaron2, qui poursuit la route de la 3D et de la couleur, Cohen en viendra à s’interroger sur les capacités de créativité de sa création. Il proposera les quatre critères suivants. La créativité d’une entité implique : 

  • L’émergence, c’est-à-dire la capacité qu’une figure ou qu’une forme sourde d’un dessin en l’absence de l’intention du dessinateur
  • La prise de conscience (awareness) – pas forcément consciente (conscious) – de ce qui a émergé
  • La volonté de (ré)agir en fonction de ce qui vient d’émerger, de s’y adapter
  • Une grande connaissance.

On le voit, Cohen mélange des critères objectifs sur les produits, et des critères objectifs et subjectifs sur le performeur. Le premier critère ne semble pas posé de problèmes et pourrait, à bien y regarder être considéré comme une propriété naturel de tout objet à partir du moment où il devient le phénomène d’un regardeur. L’émergence est bien plus une capacité que l’homme a à revêtir le monde qui l’entoure de significations nouvelles. Un nuage ou une grotte paléolithique est tout aussi émergent que n’importe quel dessin d’Aaron. Le quatrième critère est plus discutable dans sa concrétisation. Pour être créatif, un individu doit avoir une certaine dose de connaissance du monde, une certaine expérience, pourrions-nous dire. Le projet Aaron2, s’y affrontera en développant une mémoire de formes à Aaron qui pourra y puiser comme dans un dictionnaire, et ainsi dessiner de véritables motifs sur son vif. Mais du dictionnaire (connaissance) à l’emploi châtié des termes qu’il contient (expérience), il y a loin et il nous semble que ni Cohen ni Aaron ne précisent le protocole de cette transfiguration. 

Les deux points centraux sont plus problématiques. Si de prime abord, il ne semble pas impossible de permettre à une machine de « réagir », à condition de lui avoir intégré son cadre de réaction, il appert en fait très vite que les limitations de cette entreprise valent échec. EN effet, Aaron ne peut réagir que dans le cadre des propriétés qu’il a été designé pour surveiller. Cette échelle de réceptivité définit ce qu’est Aaron ; et il est donc incapable de réagir par rapport à tous les éléments qui sortent de ce cadre. Bien sûr, on peut toujours éteindre son périmètre de surveiller, ajouter des points qui forment et augmenteraient son horizon, mais le critère de prise de conscience consiste justement à une prise de conscience d’un événement situé en dehors de son cadre  de référence habituel. Quant au troisième critère, Cohen avoue humblement qu’Aaron n’est pas véritablement capable de réagir, parce qu’il n’est intrinsèquement pas capable d’auto-modifications. Cela induirait, des mots de son concepteur, de méta-critères, non pas seulement des critères de jugement et d’auto-satisfaction, mais des règles d’une peinture comme langage et non seulement d’une peinture-comme-objet[21]

La conclusion est alors sans appel : 

« Je ne considère comme étant créatif, et je ne le considérerai pas tant que je ne verrai pas le programme faire des choses qu’il n’aurait pas pu faire comme un résultat direct  de ce que j’y ai mis. (…) Ce n’est actuellement pas possible (…) D’un autre côté, je ne crois pas avoir jamais dit que ce n’est pas possible. 

Mais le dossier ne fait que s’instruire. En effet, Aaron repose à nouveaux frais la question de la définition de la créativité : 

« Je ne crois pas qu’Aaron constitue une preuve vivante du pouvoir des machines à penser, ou à être créatif, ou à être conscient (self-awareness) (…) Mais il constitue une preuve vivante du pouvoir des machines à faire certaines des choses que nous tenions (et continuons de tenir) pour nécessiter la pensée – ou la créativité ou la conscience – d’un être humain[22]. » 

Conclusion

Aaron est-il un artiste ? 

Aaron n’est pas émancipé. Nous émettons l’hypothèse qu’une œuvre ne peut pas faire une œuvre, et que par conséquent, Cohen se conduit en marâtre, castratrice, face à Aaron, l’œuvre d Cohen viennent écraser dans l’œuf l’œuvre d’Aaron. La capacité « faire une œuvre » n’est pas transitive, elle ne se transmet pas, elle n’a pas d’effet second. On ne peut être une œuvre et un artiste (à moins d’être sa propre œuvre). La performance créatrice de Cohen vient masquer celle d’Aaron, et l’invalider comme tel. Ce qui ne veut pas dire qu’un appareil technologique est voué à ne jamais créer, mais ce qui veut dire que pour devenir créateur, il devra s’émanciper de l’ombre terrible portée par son créateur. Pour le dire dans la phraséologie des Highlander : « Il ne peut en rester qu’un ! ». Ce qui implique que l’homme lui-même n’est créateur que lorsqu’il oublie sa condition de créature : chaque œuvre humaine est un déicide… 

… 

En 1982, Harold Cohen se lasse d’un assistant si limité. Il se lance dans un projet plus ambitieux, capable de mémoire, de dessiner des formes, d’ajouter de la couleur, d’être – quelque soit le sens et sa déclinaison informatique – doté de créativité. Aaron2 voyait le jour, et bouleversera quelque peu certains principes initiaux[23]
 

Bibliographie 

LESTOCARD, José louis / « Territoires « élargis » : distributions et topologies complexes de la réalité virtuelle » – http://www.mcxapc.org/docs/ateliers/0707lestocart.pdf P13  

COHEN, Harold / “Parallel to perception” – 1973 

COHEN, Harold / “On purpose” – 1974 

COHEN, Harold / “The material of symbols” – 1976 

COHEN, Harold / “What is an image” – 1979 

COHEN, Harold / “How to make a drawing” – 1982 

COHEN, Harold / “Off the shelf” – 1986 

COHEN, Harold / “how to draw three people in a botanical garden” – 1982 

COHEN, Harold / “Brother giorgio’s kangaroo“ – 1990 

COHEN, Harold / “The further exploits of aaron, painter” – 1994 

COHEN, Harold / “Colouring without seeing: a problem in machine creativity” – 1999 

MCCORDUCK, Pamela / Aaron’s code: meta-art, artificial intelligence, and the work of Harold Cohen – New-York: Freeman, 1991 
 


[1] Bien sûr, d’autres s’y étaient déjà employés. Ainsi en 1955 : dans le cadre de l’exposition du Mouvement, Jean Tinguely présente une machine a dessiner cf FRECHURETp140 Mais pour la première fois, l’outil informatique est le biais choisi. 

[2] A consulter notamment en ligne : http://crca.ucsd.edu/~hcohen/ 

[3] cf : Aaron’s code: meta-art, artificial intelligence, and the work of Harold Cohen / Pamela McCorduck 

[4] Les traductions seront de notre fait. 

[5] « Le protocole signifie l’instance procédurale d’une conscience formelle. C’est clairement une définition qui repose sur des modalités cognitives plutôt que perceptives, puisqu’il implique la conscience de structures relationnelles » in What is an image. P13. 

[6] Cf : “What is an image?” / H. Cohen – 1979. P.6. 

[7] Dans notre cas, pour être plus précis, ce sont deux points doublés de deux vecteurs directionnels (indiquant les angles de départ et d’arrivée) du trait. 

[8] Un degré de raffinement supplémentaire est en fait présent puisque le plus petit mouvement du robot n’est pas une droite, mais une fonction plus ou moins aléatoire reliant les deux points. 

[9] Le programme d’Aaron lui spécifie de ne pas couper un trait de dessin déjà existant 

[10] selon l’exemple tiré de : “What is an image” / Harold Cohen – 1979. p14-15 

[11] ie : au-delà du gribouillis 

[12] cf : “What is an image?” P.5. 

[13] cf : “The material of symbols” / H. Cohen – aout 1976 – p.9 

[14] “Thus the program will know at the beginning of each development what the current intention is, but will not know what shape will result.” 

[15] Cf: MOLES p121 

[16] Cf: “What is an image” .p.1 

[17] cf : Aaron’s code : meta-art, artificial intelligence, and the work of Harold Cohen / Pamela McCorduck p75 

[18] Ainsi en 1988, Cohen, afin de passer à une nouvelle phase de son projet devra abandonne rle langage C pour ré-écrire Aaron en LISP. 

[19] Ce paragraphe est quelque peu en dehors du périmètre de cette étude, puisqu’il développera des points mis en lumière par Cohen dans les phases suivantes de son travail sur Aaron : celles concernant l’ajout de figures et de couleurs aux dessins du robot – soit le projet « Aaron2 ». 

[20] Dans son article : coluoring without seeing : a problem in machine creativity. 

[21] Cf “You must understand that I’m not talking about rules for good composition; what I mean by higher level is criteria pertaining to painting-as-verb, not to painting-as-object. » p14  

[22] cf : The further exploits of Aaron, painter. P.18. Nous soulignons. 

[23] Par exemple, très vite : 1. un répertoire de formes va venir augmenter son potentiel créatif, puis 2. au cours de la troisième phase, « avant de commencer son ouvrage, Aaron décide de ce qu’il va dessiner : d’abord des rochers (« des » et pas « 6 »), puis des plantes, (…) Si la toile est trop chargée, il s’arête même s’il n’a pas fini de faire ce qu’il voulait ». Mccorduk p 98 

 

 

 

 

 

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février 13, 2009

Après plus d’un an passé en léthargie absolue, je vais me repencher sur mon travail de thèse.

Le sujet évolue.

Il tournera autour d’un art technologique

Qu’est-ce à dire? je ne sais. Ca tourne sans doute autour de ce que les anglais appellent : New Media Art.

Je vais donc me servir de ce blog pour pré-publier et me forcer à écrire. (Ces articles seront alors sous licence CC-by_nc-sa)

Je commence par une toute petite webographie :


Bibliographie sur le Post-Humain (mutant, cyborg, chimère…) en art contemporain

avril 26, 2007

Cette bibliographie est un extrait du Mémoire de Master 2 :

« Dessine moi un mutant… Le devenir-surhumain à l’aune de l’Art contemporain« 

 

***

1. Figures artistiques convoquées

a. Artistes Mutants

Matthew Barney
BARNEY, Matthew / Cremaster    http://www.cremaster.net
BARNEY, Matthew / Matthew Barney : the cremaster cycle    New York : Guggenheim Museum, 2002
Guggenheim Museum / Guggenheim Museum : Matthew Barney, the cremaster cycle   
http://www.guggenheim.org/exhibitions/past_exhibitions/barney/index.html
Anne Esperet
ESPERET, Anne / esperet.com   
http://www.esperet.com
Eduardo Kac
KAC, Eduardo / Eduardo Kac   
http://www.ekac.org/
Mariko Mori
BARRON, Stéphane / Mariko Mori   
http://stephan.barron.free.fr/2/ballesta_mori/
DREAM MISTRESS / The dream experience    http://www.thedreamexperience.homestead.com/
GALERIE PERROTIN / Galerie Emmanuel Perrotin    http://www.galerieperrotin.com/artiste_.php?id_=26&&nom_=Mariko+Mori&&dossier=Mariko_Mori
/ Mariko Mori : Exposition itinérante aux Etats-Unis et à Londres, entre mai 1998 et février 1999    Chicago : Museum of Contemporary Art, 1998
ORLAN
Oriach, Stephan / Orlan , carnal art [D.V.D.]    Paris : CNC Images de la culture, 2005

ORLAN / Orlan   
http://www.orlan.net/
/ Orlan : Carnal Art    http://www.film-orlan-carnal-art.com/
/ Orlan [Cédérom] : monographie multimedia    Paris : Jériko, 2000
/ Orlan    Paris : Flammarion, 2004
Patricia Piccinini
PICCININI, Patricia / Patricia Piccinini   
http://www.patriciapiccinini.net
STELARC
STELARC / STELARC   
http://www.stelarc.va.com.au/

b. Artistes évoqués

ANTUNEZ ROCA, Marcel Li / Marcel.Li Antunez Roca    http://www.marceliantunez.com/tikiwiki/tiki-read_article.php?articleId=7
AZIZ&CUCHER / Aziz + Cucher    http://www.azizcucher.net/index_flash.html
COTTINGHAM, Keith / Keith Cottingham    http://www.kcott.com/index.html
Aeroplastics Contemporary / Robert Gligorov    http://www.aeroplastics.net/gligorov_updated/040906.html
IKAM, Catherine / Ubikam | Catherine Ikam, Louis Fléri    http://www.ubikam.fr/home.htm
LAWICK&MULLER / LawickMüller    http://www.lawickmueller.de/english/seiten/start.htm
LE PARC, Juan / Human Projet    www.multimania.com/juanleparc
LEE, Daniel / Daniel Lee : manimals    http://www.daniellee.com
ZPIRA, Lukas / B0D e-ART : Body hacking & Mutations    http://www.body-art.net/

c. Artistes connexes

ART ORIENTE OBJET / AOo    http://artorienteobjet.free.fr/index2.html
BARRON, Stéphane / Technoromantisme    http://www.technoromanticism.com/
BEB DEUM / beb-deum    www.beb-deum.com/
BUL, Lee / Lee Bul    http://www.leebul.com/
BURSON, Nancy / Nancy Burson    http://www.nancyburson.com/index.html
BYBEE, Gérald / Bybee Studios    http://www.bybee.com/
Critical Art ensemble / Critical Art ensemble    http://www.critical-art.net/
CHAUVEAU, Dalia / Agence de clonage    http://www.agencedeclonage.com/
DAIMLER CHRYSLER COLLECTION / Jane Alexander : Sculpture, collages    http://www.collection.daimlerchrysler.com/contemporary/02_07_alexandergrosz/alexander_werkindex_e.htm
HESSE-HONEGGER, Cornelia / Cornelia Hesse-Honegger    http://www.wissenskunst.ch/index-en.php
KNIGHT, Nick / SHOWstudio    http://www.showstudio.com/
LA PORTA, Tina / Tina LaPorta : Net.works+avatars    http://www.heelstone.com/meridian/templates/laporta/
LAMBERT, Xavier / Xavier Lambert : l’art contemporain au risque du clônage    http://cerap.univ-paris1.fr/cerap/LIGNES/CONTE/clonage/artistes/lambert/xavierlambert.html
MENEZES, Marta de / Marta de Menezes    http://www.martademenezes.com/
MINH, Yann / YANN MINH : offical website    http://www.yannminh.com
photography-now.com / Motohiko Odani    http://fr.photography-now.com/artists/K16793.html?PHPSESSID=6d5c974cf68f5bcf2c931b33f235d91e
SUBROSA / CyberFeminism    http://www.cyberfeminism.net
SYMBIOTICA / Symbiotica : The art and science collaborative research laboratory    http://www.symbiotica.uwa.edu.au
TCA / The Tissue Culture & Art Project    http://www.tca.uwa.edu.au
VORN, Bill / Bill Vorn : Robotic Art    http://billvorn.concordia.ca/menuall.html
WARD, Chad Michael / Digital apocalypse Studios :The work of Chad MichaelWard    http://www.digitalapocalypse.com/
wikipedia / George Gessert [article wikipedia]    http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Gessert
Wohlgemuth, Eva / Eva Wohlgemuth    http://evawohlgemuth.com/
YONILAB / YONI Lab    http://www.yonilab.org/

d. Expositions Clés

Lausanne (1992)
DEITCH, Jeffrey / Post Human    Lausanne : Musée d’Art contemporain, 1992

Centre Pompidou (1994)
/ Hors limites : l’art et la vie, 1952-1994… : exposition présentée du 9 novembre 1994 au 23 janvier 1995    Paris : Centre georges Pompidou, 1994

3è Biennale de Lyon (1995)
/ 3e Biennale d’art contemporain de Lyon : installation, cinéma, vidéo, informatique    Paris : RMN Lyon, 1995

Whitney Museum (1995)
o          … / Foreign Body  : corps étrangers    1995

Festival Ars Electronica (1999)
Ars Electronica / Life Science    1999 – 
http://www.aec.at/lifescience/
FRAC PACA (1999)
/ Mutations singulières    1999

Galerie Navarra (2000)
*          RANC, Jacques / Le corps mutant    Paris : Galerie Enrico Navarra, 2000

Exposition Maison européenne de la Photographie – Paris (2002)
/ Festival @rtoutisders 2002 : « Bio-art, vie artificielle, Planète numérique,  univers virtuel »    2002 – 
http://www.art-outsiders.com/archives2/tekniart/root_all.htm
Symposium Symbiotica (2002)
SYMBIOTICA / The aesthetics of care ?    2002 – 
http://www.tca.uwa.edu.au/publication/THE_AESTHETICS_OF_CARE.pdf
Exposition Nantes : Lieu unique (2003)
SOLINI, Patricia / L’art biotech’    Nantes : Filigranes éd., 2003

Colloque Montréal (2004)
Montréal / Art et Biotech’ : Colloque du 5 au 8 octobre 2004    2004 – 
http://www.colloquebioart.org/
Festival Ars Electronica (2005)
Ars Electronica / Hybrid    2005 – 
http://www.aec.at/en/festival2005/

 

2. Monographies

a. Le Corps-Mutant dans l’art

ARDENNE, Paul / L’image corps : figures de l’humain dans l’art du XXème siècle    Paris : Ed. du Regard, 2001
BAQUE, Dominique / Mauvais genre(s) : érotisme, pornographie, art contemporain    Paris : L’Harmattan, 2003
BUCI-GLUCKSMANN, Christine / L’art à l’époque du virtuel    Paris : Ed. du Regard, 2002,
CLAIR,
Jean / L’âme au corps : arts et sciences, 1793-1993    Paris : RMN, 1993

CONTE, Richard / L’art contemporain au risque du clonage    Paris : Publication de la Sorbonne, 2002
FONTCUBERTA, Joan / Volte face : à l’envers de la science, les leçons de l’histoire    Marseille : Images en manoeuvres, 2000
HEUZE, Dominique / Changer le corps?    Paris : La Musardine, 2000
LASCAULT, Gilles / Le monstre dans l’art occidental : un problème esthétique    Paris : Klincksieck, 2004
MEREDIEU, Florence de / Arts et nouvelles technologies : art vidéo, art numérique    Paris : Larousse, 2005
MIGLIETTI, Francesca Alfana / Extreme bodies : the use and abuse of the body in art    Milan (Italie) : Skira, 2003
MOURA, Leonel / Man + robots : symbiotic art    Villeurbanne : IAC, 2004
PANTELLINI et STOHLER, Claudia et Peter / Body extensions : art, photography, film, comic, fashion    Stuttgard : Arnoldsche, 2004
PEARL, Lydie / Corps, art et société : chimères et utopies    Paris : L’Harmattan, 1998
PEARL, Lydie / Corps, sexe et art : dimension symbolique    Paris : L’Harmattan, 2001
POISSANT / Art et biotechnologies    Saint-Étienne : Presses de l’Université de Saint-Étienne, 2005
/ Arts de chair    Bruxelles : La lettre volée, 1998
/ Becoming Animal : contemporary art in the animal kingdom    Massachusetts (USA) : MASS MoCA, 2005
/ Chimères    Arles : Actes Sud, 2003
/ Electric Body : le corps en scène    Paris : Cité de la Musique, 2002
/ Laboratoires : pour une expérience du corps : Damien Hirst, Fabrice Hybert, Kiki Smith, Patrick Van Caeckenbergh    Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 1995
/ L’art au corps : le corps exposé de Man Ray à nos jours    Marseille : RMN, 1996
/ Le clonage d’Adam    Bruxelles : La lettre volée, 2001
/ Prométhée et le Golem    Bruxelles : La lettre volée, 2000

 

b. Littérature

ARTAUD, Antonin / Le théatre et son double    Paris : Gallimard, 1985
ARTAUD, Antonin / Pour en finir avec le Jugement de Dieu : émission radiophonique enregistrée le 28 novembre 1947    Paris : K éd., 1948
BACON, Francis / Nouvelle Atlantide [cir. 1627]    Paris : Flammarion, 1995
BALLARD, James Graham / La foire aux atrocités    Paris : Ed. Champ libre, 1976
BALZAC, Honoré de / Séraphîta [1835] IN : La comédie humaine : études philosophiques T. 11    Paris : Gallimard, 1980
BECKETT, Samuel / L’innommable    Paris : Minuit, 2004
BULWER LYTTON, Edward George / La race à venir [1871]    Paris : Néo, 1987
CAPEK, Karel / R.U.R. [1921]    La Tour-d’Aigues : Ed. de l’aube, 1997
DANTEC, Maurice G. / Babylon Babies    Paris : Gallimard, 1999
DICK, Philip Kindred / Blade Runner    Paris : J’ai lu, 1985
ENGELIBERT, Jean-Paul / L’homme fabriqué : récits de la création de l’homme par l’homme   Paris : Garnier, 2000
FORD, Jeffrey / Physiognomony    Paris : J’ai lu, 2000
GIBSON, William / Neuromancien    Paris : La découverte, 1985
HOFFMANN, Ernst Theodor Amadeus / L’homme au sable [cir. 1816]    Paris : Flammarion, 2005
HOUELLEBECQ, Michel / La tentation d’une ile    Paris : Dilettante, 2003
HUGO, Victor / L’homme qui rit [1869]    Paris : Gallimard, 1987
HUXLEY, Aldous / Le meilleur des mondes [1931]    Paris : Pocket, 1999
HUXLEY, Aldous / L’île [1962]    Paris : Pocket, 1999
IONESCO, Eugene / Rhinocéros    Paris : Gallimard, 1999
KAFKA, Franz / La métamorphose [1915]    Paris : Nathan, 1991
LOVECRAFT, Howard Philips / La couleur tombée du ciel [1927]    Paris : Gallimard, 2000
MACHINE, Philippe / Les post-humains    Paris : Ed. Baleine, 1998
MORRISON, Grant / New X-Men Vol. 1 : E comme extinction [BD]    ?? : Marvel France, 2005
OTOMO, Katsuhiro / Akira [BD]    Grenoble : Glénat, 1999
ROUSSEL, Raymond / Locus Solus    Paris : Gallimard, 1963
SHELLEY, Mary Wollstonecraft / Frankenstein [1818]    Paris : Gallimard, 1992
SHIROW, Masamune / Ghost in the shell [BD]    Paris : Glénat, 1996
STERLING, Bruce / Schismatrice    Paris : Denoël, 1986
STURGEON, Theodore / Les plus qu’humains [1953]    Paris : J’ai lu, 1983
VALERY, Paul / L’idée fixe : ou deux hommes à la mer IN : Œuvres complètes T.2    Paris : Gallimard, 1960
VALERY, Paul / Notre destin et les lettres IN : Œuvres complètes T.2    Paris : Gallimard, 1960
VAN VOGT, Alfred Elton / A la poursuite des Slans [1940]    Paris : J’ai lu, 1979
VILLIERS DE L’ISLE ADAM, Auguste de / L’Eve future [1883]    Paris : Gallimard, 2000
WELLS, Herbert Georges / L’ile du docteur Moreau [1896]    Paris : Gallimard, 1996
WILLIAMS, Walter Jon / Cablé    Paris : Denoël, 1987

 

c. Philosophie

AGAMBEN, Giorgio / La communauté qui vient : théorie de la singularité quelconque    Paris : Ed. du Seuil, 1990
AGAMBEN, Giorgio / L’homme sans contenu    ??? : Circé, 1996
AGAMBEN, Giorgio / L’ouvert : de l’homme et de l’animal    Paris : Ed. Payot & Rivages, 2002
ARISTOTE / La Métaphysique : Livre THETA    Paris : J. Vrin, 1970
BATAILLE, Georges / L’érotisme    Paris : Minuit, 1979
BAUDRILLARD, Jean / Simulacres et simulation    Paris : Galilée, 1981
BLOCH, Ernst / Le Principe Espérance : Tomes 1 et 2    Paris : Gallimard, 1976
CAMUS, Albert / L’homme révolté    Paris : Gallimard, 1985
CANGUILHEM, Georges / Le normal et le pathologique    Paris : PUF, 1994
DELEUZE et GUATTARI, Gilles et Félix / Capitalisme et schizophrénie : Mille Plateaux    Paris : Minuit, 1980
DIDI-HUBERMAN, Georges / L’image survivante : histoire de l’art et temps des fantomes selon Aby Warburg    Paris : Minuit, 2002
FOUCAULT, Michel / Les mots et les choses    Paris : Gallimard, 1966
FUKUYAMA, Francis / La fin de l’homme : les conséquences de la révolution biotechnique    Paris : Table Ronde, 2002
HABERMAS, Jürgen / L’avenir de la nature humaine : vers un eugénisme libéral ?    Paris : Gallimard, 2002
LECOURT, Dominique / Humain post humain : la technique et la vie    Paris : PUF, 2003
LYOTARD, Jean-François / La condition post-moderne : rapport sur le savoir    Paris : Minuit, 2002
MICHAUD, Yves / Humain, inhumain, trop humain : réflexions sur les biotechnologies, la vie et la conservation de soi à partir de l’oeuvre de Peter Sloterdijk    Castelnau-le-Lez : Climats, 2002
MULLER-LAUTER, Wolfgang / Nietzsche : Physiologie de la Volonté de Puissance    Paris : ed. Allia, 1998
NAGEL, Thomas / Quel effet cela fait, d’être une chauve-souris ? IN : Questions mortelles    Paris : PUF, 1983
NIETZSCHE, Friedrich / Ainsi parlait Zarathoustra : un livre qui est pour tous et qui n’est pour personne    Paris : Gallimard, 1985
NIETZSCHE, Friedrich / Vérité et mensonge au sens extra-moral    Arles : Actes Sud, 1997
NIETZSCHE, Friedrich / Volonté de puissance [2 Tomes]    Paris : Gallimard, 1995
ONFRAY, Michel / Fééries anatomiques : généalogie du corps faustien    Paris : Grasset, 2003
SIMONDON, Gilbert / L’individu et sa genèse physico-biologique    Grenoble : Million, 1995
SLOTERDIJK, Peter / L’heure du crime et le temps de l’œuvre d’art    Paris : Calmann Lévy, 2000
SLOTERDIJK, Peter / Règles pour le parc humain : une lettre en réponse à la Lettre sur l’humanisme de Heidegger    Paris : Mille et une nuits, 2000
STIEGLER, Bernard / La technique et le temps 1 : la faute d’Epiméthée    Paris : Galilée, 1994
STIEGLER, Barbara / Nietzsche et la biologie    Paris : PUF, 2001
VIRILIO, Paul / Ce qui arrive    [Arles] : Actes Sud, 2002
VIRILIO, Paul / Crepuscular dawn    Los Angeles : Semiotext(e), 2002
VIRILIO, Paul / La procédure silence    Paris : Galilée, 2000
VIRILIO et BAJ, Paul  et Enrico / Discours sur l’horreur de l’art    Lyon : Ateliers de création libertaire, 2003
WAHL, Jean / Leçons d’introduction à la pensée de Heidegger : cours donné en Sorbonne de Janvier à Juin 1946    Paris : Librairie Générale française, 1998
/ Matrix : Machine philosophique    Paris : Ellipses, 2003

 

d. Anthropologie & sociologie

ANDRIEU, Bernard / Nouvelle philosophie du corps    Ramonville st agne : Ed. Erès, 2002
AUGE, Marc / Non-lieux : introduction à une anthropologie de la sur-modernité.    Paris : Seuil, 1992
BAUDIN, Henri / Le monstre 3 : les monstres dans la Science Fiction    Paris : Ed. Lettres Modernes, 1976
BAUDRY, Patrick / Le corps extrême : approche sociologique des conduites à risque    Paris : L’Harmattan, 1991
CASSIRER, Ernst / La philosophie des formes symboliques 2 : la pensée mythique    Paris : Minuit, 1972
IBELINGS, Hans / Supermodernisme  : l’architecture à l’ère de la globalisation    Paris : F. Hazan, 2003
KELMAN, Nic / Jeux vidéo : l’art du XXIe siècle    Paris : Assouline, 2005
KLOCK, Geoff / How to read superhero comics and why ?    New York : Continuum, 2002
LE BRETON, David / Anthropologie du corps et modernité    Paris : PUF, 2005
LE BRETON, David / L’adieu au corps    Paris : Métailié, 1999
MAUSS, Marcel / Les techniques du corps IN : Sociologie et anthropologie    Paris : PUF, 1950
SAGAZAN, Olivier de / Le fantôme dans la machine    Angers : Presses Universitaires d’Angers, 2005
SERRES, Michel / Hominescence    Ed. Le Pommier, 2001
SUSSAN, Remi / Les utopies posthumaines : contre-culture, cyberculture, culture du chaos    Sophia Antipolis : Omniscience, 2005

 

e. Vulgarisation scientifique

DEBRE, Bernard / La grande transgression : l’homme génétiquement modifié    Neuilly : M. Lafon, 2000
DEBRU, Claude / Possible et biotechnologies    Paris : PUF, 2003
JACOB, François / La logique du vivant : une histoire de l’hérédité    Paris : Gallimard, 1981
KAHN et PAPILLON, Axel et Fabrice / Le secret de la salamandre : la médecine en quête d’immortalité    Paris : NiL éd., 2005
LE DOUARIN, Nicole / Des chimères, des clones et des gènes    Paris : O. Jacob, 2000
MENZEL et D’ALUISIO, Peter et Faith / Une espèce en voie d’apparition : Robo sapiens    Paris : Ed. Autrement, 2001
PRACONTAL, Michel de / L’homme artificiel : golems, robots, clones, cyborgs    Paris : Denoël, 2002
ROSNAY, Joël de / L’homme symbiotique : regards sur le troisième millénaire    Paris : Seuil, 2000
 / Les avatars du gène : la théorie néo-darwinienne de l’évolution    Paris : Ed. Belin, 1997

 

3. Revues et Littérature grise

a. Articles en ligne

ARTE / Vibration : Art Mutant    04/07/2003 –  http://www.arte-tv.com/fr/art-musique/tracks/Emission_20du_2004_20juillet_202003/Vibration_20-_20Art_20Mutant/392204.html
ARTE / Vibration : Art Biotech    30/10/2003 –  http://www.arte-tv.com/fr/art-musique/tracks/De_20A_20_C3_A0_20Z/392382.html
BROWAEYS, Dorothée Benoit / Observatoire de la génétique No 10 : l’art biotechnologique ou quand l’art se fait chair    mars-avril, 2003 –  http://www.ircm.qc.ca/bioethique/obsgenetique/zoom/zoom_03/z_no10_03/zi_no10_03_1.html
Commission Européenne / RDT Info, numéro spécial : Art biotechnologique : Les arcanes d’un art mutant    mars-04 –  http://europa.eu.int/comm/research/rtdinfo/special_as/article_814_fr.html
DASILVA, Edgar / Electronic Journal of Biotechnology, Vol. 7, No. 2 : « Art, biotechnology and the culture of peace »    aout 2004
GESSERT, George / Art and Genetics Bibliography    janv-05 –  http://mitpress2.mit.edu/e-journals/Leonardo/isast/spec.projects/art+biobiblio.html
KLOCK, Geoff / Reconstruction, Vol 4, No 3 : « X-Men, Emerson, Gnosticism »    été 2004 –  http://www.reconstruction.ws/043/Klock/Klock.html
LAFLER, Janet / I’m a cyborg and I love it    22/01/2001 –  http://www.salon.com/tech/feature/2001/01/22/cyborg/index.html
LAMBERT, Xavier / Manifeste pour un corps sans bords    http://www.robertredeker.net/accueil_textesd_amis_xavierlambert,lecorps.htm
LE BRETON, David / Obsolescence contemporaine du corps    http://www.body-art.net/v5.0/Kortext/DLBtxt3fr.html
WARWICK, Kevin / Wired Vol 8, No 2 : « Cyborg 1.0 «     Fev 2000 –  http://wired-vig.wired.com/wired/archive/8.02/warwick.html?pg=1&topic=&topic_set=

 

b. Mémoires

MERCIER, Philippe / Influences de la révolution biotechnologique dans l’art contemporain    Paris : Université Paris 8, 2003
ROURE, Cyril / Le devenir humain à l’ère des biotechnologies    Aix en Provence : Université Aix 1, Dpt Arts Plastiques, 2004

 

c. Revues

SHAVIRO, Steven / Art Forum, Vol 42, No 5 : « Genetic disorder » (p.42)    Bielefeld : Kerber Verl., janv-04
LOUPPE, Laurence / Art Press No 209 : »Danse : corps hybrides » (p.54 sq)    Paris : Art Press, janv-96
BOULBES, Carole / Art Press No 240 : »De l’incongruité du portrait cyberréaliste » (p.31 sq)    Paris : Art Press, nov-98
HEARTNEY, Eleanor / Art Press No 256 : »Mariko Mori : à la recherche du Paradis perdu » (p.36sq)    Paris : Art Press, avr-00
CIRET, Yann / Art Press No 270 : »Body sample ou les mutations du corps » (p.27 sq)    Paris : Art Press, juil-01
/ Art Press No 276 : Art bio(techno)logique (p. 37 sq)    Paris : Art Press, Fev 2002
KIM, Seung-Duk / Art Press No 279 : »Lee Bul : les deux corps de l’artiste » (p.18sq)    Paris : Art Press, mai-02
/ Bloc-Notes No 14    Paris : Jan-Fev 1997
/ Dits No 1 : L’hybride    Hornu : le Grand Hornu musée d’art contemporain, sept-02
/ Figures de l’art No 6 : Anges et chimères du virtuel    Pau : Pub. de l’université de Pau, 2001/2002
HAUSER, Jens / Figures de l’art No 8 : « Derrière l’Animal l’Homme? Altérité et parenté dans l’art biotech’ «     Pau : Pub. de l’université de Pau, 2003/2004
LAFARGUE, Bernard / Figures de l’art No 8 : « Dans l’œil de la bête » (p.13 sq)    Pau : Pub. de l’université de Pau, 2003/2004
/ Kunstforum  No 157 : Transgene Kunst, Klone und Mutanten : Teil I    Ruppichteroth : Kunstforum, nov-01
/ Kunstforum  No 158 : Transgene Kunst, Klone und Mutanten : Teil II    Ruppichteroth : Kunstforum, janv-02
RAMONET, Ignacio / Le monde diplomatique No 557 : « Pokemon » (p.1)    Paris : Le Monde diplomatique, août-00
/ Le nouvel observateur : Hors-série No 59 : Les utopies d’aujourd’hui    Paris : Le nouvel observateur, Juil-Aout 2005
FAVEREAU, Eric / Libération : [Rencontre avec Henri Atlan] : L’utérus artificiel, un pas de plus vers la séparation totale entre sexualité et procréation    Paris : Libération, 02/04/2005 –  http://www.protestants.org/textes/bioethique/ectogenese.htm
DAUBNER, Ernestine / Parachute No 105 : « Manipulating genetic identities : the creation of chimeras, cyborgs, and (cyber)golems » (p.84 sq)    Montréal : Ed. Parachute Publications, 1er trimestre 2002
/ Pour la science HS : L’évolution    Paris : Société pour la science, janv-97
DRAYNA, Denis / Pour la science No 337 : « Les mutations fondatrices » (p.35 sq)    Paris : Société pour la science, nov-05
/ Quasimodo No 5 : art à contre-corps    Montpellier : Association Osiris, printemps 1998 –  http://www.revue-quasimodo.org/
LIOTARD, Philippe / Quasimodo No 6 : « Fiction de l’étranger : le corps soupçonné » (p. 61 sq)    Montpellier : Association Osiris, Printemps 2000 –  http://www.revue-quasimodo.org/
/ Quasimodo No 7 : Modifications corporelles    Montpellier : Association Osiris –  http://www.revue-quasimodo.org/
/ Reconstruction, Vol 4, No 3 : Post Humanous    ete 2004 –  http://reconstruction.eserver.org/043/TOC.htm
COURNOT, Alice / Revue d’esthétique No 40 : « le ‘devenir-animal’ chez Gilles Deleuze » (p.89 sq)    Paris : Ed. Jean-Michel Place, 2001
/ Sciences et avenir No 709 : la nouvelle histoire de l’homme    Paris : Sciences et avenir, mars-06
/ Sciences et avenir HS No 124 : La finalité dans les sciences : le sens de la vie    Paris : Sciences et avenir, Oct-Nov 2000
??? / Science et Vie No 1042 : « Les super héros sont les enfants de la science » (p.141 sq)    Paris : Excelsior Pub., juil-04

 

4. Sites Web

a. Arts et Technologies

AEC / Festival Ars Electronica    http://www.aec.at/en/
ASCI / Art and Science collaborations, Inc : service tot the art-sci community since 1988    http://www.asci.org
Australia Council for the Arts / Adelaide Festival of Art    http://www.adelaidebiennial.com/
Genomic Art / Paradise now : picturing the genetic revolution    http://www.genomicart.org/pn-home.htm
OLATS / Observatoire Leonardo des arts et des technociences    http://www.olats.org/
Université du Québec / Corps + machine : crisement d’art de technlogie et de pédagogie : référents culturels    http://www.corps.machine.uqam.ca/frameset/mediagraphie.html
WEST, Ruth / Genetics and Culture: From Molecular Music to Transgenic Art    http://www.viewingspace.com/genetics-culture.htm
YLEM / Artists using science and technology    http://www.ylem.org/
/ Transfert.net, société de l’information : l’art biotech    2003 –  http://www.transfert.net/d52
/ Digital Organik 3    http://www.digital-organik.com/
/ Transhumanist Arts    http://www.transhumanist.biz/

 

b. Manifestes

Cyborg
HARAWAY, Donna / A Cyborg Manifesto: Science, Technology, and Socialist-Feminism in the Late Twentieth Century    1991 –  http://www.stanford.edu/dept/HPS/Haraway/CyborgManifesto.html
Art Symbiotique
MOURA, Leonel / Symbiotic Art Manifesto    2004 – 
http://www.lxxl.pt/artsbot/
Extropic Art
VITA MORE, Natasha / Extropic Art Manifesto of Transhumanist Arts    2002 – 
http://www.transhumanist.biz/extropic.htm
Transhumanism Art
VITA MORE, Natasha / TRANSHUMANIST ARTS STATEMENT    2003 – 
http://www.transhumanist.biz/transhumanistartsmanifesto.htm
Transhumanism
World Transhumanist Association / La Déclaration transhumaniste    2003 – 
http://www.transhumanism.org/index.php/WTA/more/148/
World Transhumanist Association / The Transhumanist Declaration (english version)    2002 –  http://www.transhumanism.org/index.php/WTA/declaration/
Mutant
/ Manifeste des mutants    ?? – 
http://lesmutants.site.voila.fr/manifeste.htm
/ Mutant manifesto (english version)    ?? –  http://lesmutants.site.voila.fr/mutationenglish.htm

 

c. Penseurs

BOSTROM, Nick / Nick Bostrom’s home page    http://www.nickbostrom.com/
MORAVEC, Hans / Hans Moravec : Mobile robots since 1963    http://www.frc.ri.cmu.edu/~hpm/
MORE, Max / Max More.com : strategic philosopher    http://www.maxmore.com/
National Science Foundation / Converging technologies for improving human performance : Nanotechnology, biotechnology, information technology and cognitive sciences (aka : Rapport NBIC)    juin-02 –  http://www.2100.org/Nanos/NSF.pdf
SLOTERDIJK, Peter / Sloterdijk_net    http://www.petersloterdijk.net/index.html
VITA MORE, Natasha / Natasha Vita-More    http://www.natasha.cc/
wikipedia / Donna Haraway [article wikipedia]    http://en.wikipedia.org/wiki/Donna_Haraway

 

d. Trans-humanisme


BROCKMAN, John / Edge   
http://www.edge.org/
Center for genetics and society / human genetic in the public interest : art and popular culture    http://www.genetics-and-society.org/analysis/popular.html
IEET / Institute for ethics and emerging technologies    http://ieet.org/
IRCM / L’observatoire de la génétique    http://www.ircm.qc.ca/bioethique/obsgenetique/
JetPress / Journal of evolution and technology    http://www.jetpress.org/
La spirale / La spirale.org : digital mutant e-zine    http://www.laspirale.org/
SUSSAN, Remi / Les Utopies posthumaines    http://www.utopies-posthumaines.com
wikipedia / posthumanism [article wikipedia]    http://en.wikipedia.org/wiki/Posthumanism
wikipedia / transhumanism [article wikipedia]    http://en.wikipedia.org/wiki/Transhumanism
World Transhumanist Association / Transhumanist Artists and Writers    http://transhumanism.org/index.php/WTA/arts/
World Transhumanist Association / World Transhumanist Association : for the ethical use of technology to extend human capabilities    http://www.transhumanism.org/index.php/WTA/index/
/ Better Humans    http://www.betterhumans.com/
/ CRN : Center for responsible nanotechnology    http://www.crnano.org/
/ Cyborg Democracy    http://cyborgdemocracy.net/
/ EXI : Extropy Institute    http://www.extropy.org/
/ Foresight Nanotech Institute : advancing beneficial nanotechnology    http://foresight.org/nanodot/
/ P2H : perspectives post humaines    http://www.post-humain.org/
/ Singularity Institute for artificial intelligence    http://www.singinst.org/